
Le comportement des pilotes et des voitures passé au crible pour tirer les enseignements de la 2e manche du Mondial 2008.
Ferrari - Räikkönen P1, Massa Ab
Encore des choses perfectibles, comme le problème de communication entre le stand et le muret qui a mené à Räikkönen à la panne d'essence. Le Finlandais n'a pas été affecté par les seuls 8 tours effectués en matinée. Comme beaucoup, il a été surpris par la variation de grip entre la Q2 et la Q3, mais il a rectifié le tir dimanche. Tassé par Massa au départ, il n'a pas bronché. Impressionnant dans le money time du pit stop 1 : -0.3 sec dans son tour de rentrée au stand sur Massa, -0.6 sec dans son tour de retour en piste, -0.4 sec au pit stop. Revenu en leader en piste, il a poussé le Brésilien à la faute. Au championnat, le voilà relancé, avec 11 points contre 14 au leader, Hamilton. Zéro pointé pour Massa : la cote d'alerte est atteinte.
McLaren- Kovalainen P3, Hamilton P5
Que sont devenues les MP4 si dominatrices en 2007, avec les mêmes pneus, dans des conditions météos similaires ? La seule explication se situe dans le bitume refait, qui a obligé les équipes à repartir de zéro. McLaren se sentirait-elle plus seule sans Alonso ? Le moins que l'on puisse dire est que Hamilton n'a pas bien géré l'aspect technique. "Pour être honnête, je n'ai pas fait un boulot parfait" , a-t-il avoué, après la qualification. Obsédés par les économies de carburant de retour au stand, Kovalainen et Hamilton ont été reculés de 5 places, aux 8e et 9e rangs, pour gêne sur Alonso et Heidfeld. Ils l'ont payé cher en course. Kovalainen s'est glissé jusqu'au podium en effectuant deux premiers relais longs. Hamilton a de surcroît perdu 10 secondes à cause d'un écrou grippé et subi du grainage lors de son évolution laborieuse dans le trafic, longtemps bloqué par Webber.
BMW - Kubica P2, Heidfeld P6
L'écurie allemande repart de Malaisie avec l'étiquette de 2e force du plateau, nantie d'un deuxième podium consécutif et de 11 points dans la besace, ce qu'elle n'avait jamais fait. Heidfeld s'est fait embarquer au premier virage par Trulli, mais Kubica, mal parti, était là pour en profiter. Malade, le Polonais est resté lucide, sans trop en faire. Heidfeld a eu du panache pour finir : meilleur tour dans la 55e des 56 boucles. Première distinction du genre pour le pilote de Mönchengladbach.
Toyota - Trulli P4, Glock Ab
Une 4e place amplement méritée pour Trulli, promu de la 5e à la 3e place sur la grille par la sanction tombée sur les McLaren. Fautif à côté de Heidfeld dans le premier virage, il a laissé filer Kubica. Patient 6e derrière Hamilton, il a récupéré la 4e place lorsque l'Anglais a été retardé à son stand et que Webber a été en mal de grip dans le 2e relais. Belle résistance à Hamilton pour finir. Encore dans le top 10, Glock n'a pas dépassé le cap du premier tour à cause de Rosberg.
Renault - Alonso P8, Piquet P11
Alonso a arraché une place en Q3, l'objectif ultime du samedi. 8e dimanche. Le Losange est la sixième force du plateau. "Il n'y avait pas vraiment d'autres options stratégiques envisageables. Il est maintenant clair que nous devons travailler dur pour améliorer notre voiture et qu'il y a un vrai écart à combler avec les équipes leaders", a avoué Pat Symonds, le directeur exécutif de l'Ingénierie. Piquet à pied en fin de Q2 et content d'avoir fini...
Red Bull - Webber P7, Coulthard P9
La FIA a mis l'écurie sous surveillance jusqu'au dimanche après-midi, après l'inquiétante rupture de suspension de Coulthard, vendredi matin. Un poussoir était en cause. Webber 4e au premier tour mais rangé derrière Trulli et les McLaren à cause d'un grip déplorable en "dur". Parti en "medium" Coulthard n'a pas échappé au grainage. En projection, le temps perdu a été évalué à 12-15 secondes sur la durée d'une course. Malade, DC s'est fait déborder par Alonso et s'est bien rattrapé dans la seconde moitié de course.
Honda - Button P10, Barrichello P13
Comme en Australie, Button (11e) est resté à la porte de la Q3. "Je suis content de cette 10e place car c'est le niveau actuel de la voiture. En plus, la majorité des voitures qui vont plus vite que nous ont fini", a-t-il déclaré dimanche. Un rang de mieux également pour Barrichello de samedi à dimanche.
Williams - Rosberg P14, Nakajima P17
Une faillite technique totale. Rosberg 16e et Nakajima 18e en qualif. "Apparemment, notre voiture n'aime pas du tout le nouveau revêtement. Il est trop lisse. Je glissais partout !", a expliqué l'Allemand, sur le podium de Melbourne. "Un week-end à oublier", a bien résumé Sam Michael, directeur technique. "Après une qualification très faible, nous avons deux stratégies différentes, avec Nico sur un arrêt et Kazuki sur deux. Le plan n'a pas marché car Nico a perdu son aileron avant au premier tour et Kazuki a eu une crevaison. Plus tard, nous avons eu un problème de pompe à essence sur la voiture de Nico, ce qui nous a obligés à ravitailler plus tôt et rouler avec plus de carburant. Kazuki a fait de bon progrès lors du premier relais et sa stratégie semblait fonctionner. Mais il a crevé dans son deuxième relais. Nous avons donc du également avancer son pit. Kazuki est sorti de la piste et a fait un plat sur ses pneus. Nous allons devoir apprendre des erreurs de ce week-end".
Toro Rosso - Bourdais Ab, Vettel Ab
L'écurie italienne pèche là où elle voulait faire la différence : la fiabilité. Moteur HS et boîte de vitesses mal montée pour Bourdais samedi. Le Français est sorti de la piste dans le 1er tour le dimanche, Vettel a été stoppé par l'hydraulique. Bourdais s'était qualifié 19e et l'Allemand 15e.
Force India - Fisichella P12, Sutil Ab
Pas encore en maison de retraite, "Fisico" ! Depuis Melbourne, il éclipse Sutil. Premier recalé en Q1, il a fini 12e, devant Barrichello et les Williams. Sutil arrêté par une coupure moteur dimanche.
Super Aguri - Davidson P15, Sato P16
En manque de fonds et de pièces de rechange, l'écurie s'astreint à un minimum de tours aux essais. Les deux autos à l'arrivée dans des conditions de chaleur et d'humidité extrêmes : un exploit.

Source:Eurosports.fr